Imaginez-vous dans un parc, en train de prendre une pause, pendant que vos enfants jouent. Quand l’un d’entre eux se fait bousculer gratuitement par un autre enfant, avec une insulte par-dessus tout. Personne ne l’a vu venir. Votre enfant éclate en larmes et revient vous voir. Vous êtes hors de vous !

“ L’enfant mérite que l’on respecte ses peines, même si leur cause n’est que la perte d’un caillou

Janusz Korczak

Nombreux sont les articles qui traitent des agresseurs et comment les gérer. Mais quand est-il des enfants victimes de ces actes ? Sans aucun doute, ils ont aussi besoin d’aide et probablement nous aussi quand un autre enfant fait du mal au nôtre.

Voyons comment il est possible de venir en aide à nos enfants lorsqu’ils sont mis à mal et comment renflouer notre colère, en tant que parents horrifiés, pour ne pas amplifier la situation.

Malgré l’incompréhension face à ce genre de situations, il faut faire preuve de recule pour guider nos actions et pour intervenir de manière appropriée envers les deux enfants.

Écoutez votre enfant, c’est l’aider à mieux guérir d’une insulte, d’une blessure ou d’une menace

Il arrive souvent que nos enfants tombent et se fassent mal. Mais rien de bien alarmant, car nous avons la certitude qu’ils auront aucunes difficultés à guérir de leurs blessures. Toutefois, quand le mal a été provoqué par un autre enfant, les douleurs ressenties semblent plus profondes. Nous craignons pour notre enfant et pour la confiance qu’il porte envers les personnes qui l’entourent et envers son environnement.

Néanmoins, s’il y a bien une chose innée chez les enfants, une réponse universelle à tout acte agressif, c’est bien les larmes. Un processus de guérison et de construction qui profitent à la fois à leurs corps et à leurs confiances et qui pourraient bien s’intensifier, si vous tentez de vous rapprochez d’eux pour les soutenir. Pleurer pour guérir le mal, c’est plutôt ingénieux !

Laissez le temps à votre enfant pour pleurer et pour se vider de ses émotions. Prenez-le dans vos bras et laissez ses sentiments être l’objet de votre entière attention. Soyez à l’écoute et murmurez-lui un peu de réconfort. Une fois les pleurs terminés, la confiance regagnera du terrain et augmentera grâce à votre soutient. Au moment où votre enfant finira de pleurer, le sentiment de la douleur et de l’insulte finira aussi par s’effacer, pour de nouveau laisser place à l’envie de jouer. De plus, votre attention aimante donne à votre enfant le sentiment d’être soigné et d’être en sécurité.

“ Si l’on veut améliorer le comportement, il faut d’abord s’occuper des sentiments”

Haïm Ginott

Jugez par vous-même, tout comme je l’ai constaté avec mes enfants. Vous remarquerez que vos enfants sauront bien rebondir, une fois que vous aurez traité et écouté les émotions qu’ils vous exprimeront à la suite d’une agression. N’hésitez pas à leurs donner la parole pour mettre des mots sur leurs maux. Bien évidement, si la blessure est grave, apportez les premiers soins avant toute chose.

Éviter de porter un jugement trop négatif envers l’agresseur

Il n’y a aucun intérêt pour nos enfants, comme pour nous même à dire que les enfants qui agissent avec violence sont « mauvais ». Il ne s’agit pas ici de leurs trouver des excuses, mais peut être n’ont-ils pas reçu l’amour, la sécurité et l’attention dont ils ont besoin pour se sentir eux-mêmes protégés. Et sans aucun doute, les gens blessés de l’intérieur blessent les gens autour d’eux à leur tour.

“L’enfant qui a le plus besoin d’amour est souvent celui qui se montre le moins aimable”

Jane Nelsen

Pour rassurer votre enfant, dites par exemple que « cet enfant ne doit pas se sentir bien aujourd’hui, et que son geste ou bien ses propos ne t’étaient pas destinés proprement. Il aurait agit de la même manière si c’était quelqu’un d’autre. Dis toi que tu n’as rien fais de mal ». Gardez-vous de toute explication qui pourrait être incompréhensive pour votre enfant. Laissez-le se concentrer sur la guérison de sa blessure.

Progressivement, aidez vos enfants à renforcer leur confiance

Rien est acquis dès le premier jour, prenez patience, car votre enfant à besoin de vous pour l’écouter et pour l’aider à bâtir sa confiance au fil du temps. Les compétences interpersonnelles, tout comme le développement cérébral de l’enfant se construisent lentement.

Ma fille ainée est venue une fois me raconter ce qui lui était arrivée pendant une journée d’école. Deux autres enfants l’avaient insulté et lui faisaient des mimiques chaque fois qu’elle prenait la parole. Sans réfléchir, j’ai immédiatement arrêté ce que je faisais, pour me consacrer exclusivement à écouter ses sentiments. Durant ce temps d’écoute, j’ai vite réalisé que ma fille était blessée par ces agissements. Le pire de tout, c’est qu’elle s’était faite insultée 2 jours auparavant sans qu’elle ne m’en a rien dit. Elle ne s’est libérée que le 3ème jour. Une insulte gratuite par jour pendant 3 jours, pour moi c’était évident, ça ne pouvait plus durer.

Réveiller la confiance qui sommeil en votre enfant. Prenez le temps de l’écouter, mais aussi prenez le temps de le questionner, surtout si l’incident ne s’est pas déroulé sous vos yeux. Sachez que vos enfants peuvent parfois mettre du temps à parler d’une situation, ou d’une agression qu’ils ont subi. Rapprocher vous d’eux et faites leurs prendre conscience qu’ils sont en sécurité et que rien, ni personne ne peut continuer à leur faire du mal.

Mais le plus surprenant dans la petite histoire de ma fille, c’est la manière dont elle a réagi. J’ai été une mère admirative devant le comportement aussi mature d’une petite fille de 7 ans. Car elle a su ne pas répondre à des insultes blessantes et répétitives. Elle m’a raconté, que malgré les propos dégradants qu’elle a reçu, elle a continué à jouer avec ses autres copines dans la cour de récréation. A cet instant, je me suis rendu compte de l’incroyable capacité qu’ont les enfants à enregistrer tous les éléments qu’on leur communique. Si ma fille a su faire face à cette situation, c’est probablement parce qu’elle a su appliquer les enseignements que je lui répète souvent.  Entre autre : que l’on ne doit jamais répondre à la violence par le violence et que même si une autre personne nous offense, il vaut mieux rester indifférent et neutre au moment du mal (bien sûr dans la limite du mal commis).                                                                                                                                                                                           Laisser l’agresseur, dans le silence de son agression, c’est en partie le faire culpabiliser et lui faire prendre conscience que son acte violent et gratuit ne lui apporte aucune gloire.

“La meilleure réponse à une insulte est le silence ;

la violence ne ferait qu’accroitre l’animosité du provocateur”

Adrien Verschaere

Une fois que votre enfant à fini de parler ou bien de pleurer, suivant l’attitude qu’il adopte. Ne vous attendez pas que ce soit lui qui dise quoique ce soit et à qui que ce soit. Proposez l’idée en lui demandant s’il veut faire quelque chose, pour faire cesser ces méchancetés.

Par exemple, si votre enfant se voit retirer son objet préféré par un autre enfant et qu’il se met à pleurer. Attendre qu’il se calme, après l’avoir rassuré, pour lui suggérer d’agir avec confiance. S’il n’est pas en mesure de la faire. Il n’y a aucun intérêt à le forcer à prendre des initiatives. Encouragez-le à parler, quand il sera plus apaiser pour donner une réponse comme : « non, je veux un autre jouet maintenant » ; « je veux boire »…etc. Tentez d’aller jusqu’au bout avec lui, pour clore l’incident. Prenez patience, car de jour en jour, vous l’aiderez à drainer au mieux ses sentiments et sa confiance.

L’objectif final, serait de faire parvenir votre enfant à aller au delà de ses sentiments et pourquoi pas, qu’il accepte de parler avec l’autre enfant qui lui a fait du mal. Bien sûr, sans mettre les enfants les uns contre les autres. L’essentiel, en tant que parent, est d’interagir et de montrer à nos enfants la confiance que nous avons dans leur capacité à guérir.

Doit-il y avoir des excuses pour l’enfant blessé ?

Pour reprendre la petite anecdote de ma fille, je lui ai suggérer d’agir si une nouvelle insulte lui était dite. En s’armant de courage, pour dire aux « injurieuses » qu’elle en informera la maitresse dans un premier temps si elles ne cessent de l’embêter. Une idée qu’elle a accepté, bien qu’elle en avait déjà parlé à sa maitresse.

Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou le résultat du comportement de ma fille. Mais à ma grande surprise, le lendemain, au moment de la récupérer à l’école. Elle m’annonce toute enthousiaste que « les autres filles qui l’avaient insulté » lui avaient présenté des excuses et que par-dessus tout, lui ont demandé si elle voulait être leur copine…..Ma fille, plutôt perspicace, leur à gentiment dit « Je vous pardonne, mais Non merci, mais j’ai déjà des copines ». Non seulement une fierté et un soulagement pour moi, mais un grand pas pour mon enfant. Elle a réalisé que son bon comportement à fini par gagner. Elle est ressortie de cette situation grandissante, avec plus confiance en elle.

“La meilleure manière de se venger c’est de ne pas ressembler à celui qui nous insulte”

  Marc Aurèle

Ceci étant dit, je pense qu’il n’y a rien de bon à forcer l’enfant agresseur à présenter des excuses à l’enfant blessé. Forcer un enfant à lui faire dire contre son plein gré « je suis désolé » ; « tu me pardonnes ? », c’est le contraindre à mentir. Or, le mensonge n’est pas bon pour aucun d’entre nous. Et puis les enfants savent aussi lorsque des excuses sont sincères ou non.

En revanche si vous avez l’occasion d’être présent au moment de l’acte déplacé, vous pouvez vous permettre d’intervenir sans blâme, ni dureté envers l’agresseur. Profitez de ce moment pour lui enseigner et lui montrez que vous croyez en sa bonté, malgré ses actes. Tout comme vous pouvez démontrer à votre enfant la confiance que vous avez dans sa guérison. Le but étant d’apaiser les tensions et de faire regagner un climat d’apaisement, qui profitera aux deux enfants.

N’ayez crainte et soyez confiant dès lors que vous traitez chaque enfant avec respect et bienveillance.

A tous les parents, oubliez les menaces, les punitions, les récompenses et les privations. Toutes ces méthodes conduisent un enfant déjà effrayé et impulsif vers l’isolement et l’aggravation de ses difficultés. C’est aussi, le pousser à agir avec méchanceté avec les autres enfants. Comme une manière pour lui d’évacuer ses frustrations quotidiennes.

C’est simple, ces procédés ne fonctionnent pas et n’aboutissent pas aux résultats souhaités à long terme.

Je vous invite à partager vos expériences de parents pour mieux donner en retour à vos enfants et pour aider d’autres parents qui peuvent se retrouver dans des situations similaires aux vôtres. Ceci afin de nous épauler et de mieux comprendre comment aimer et soutenir nos enfants de l’intérieur.

 

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